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Un haïku

Dix conseils de Diane Descôteaux

Le haïku est un petit poème d’origine japonaise qui diffère des autres textes brefs (proverbe, maxime, tercet, etc.) en ce sens qu’il saisit l’instant et s’intéresse au réel. Son immense succès dans le monde occidental tient de sa formidable accessibilité́, de l’apparente simplicité́ de ses règles et de cette concision qui le caractérise.

Voici donc, de façon succincte, quelques conseils pour pratiquer ce genre minimaliste :

1 – la forme :

Traditionnellement constitué de 17 syllabes (5/7/5) reparties sur 3 vers ou selon le rythme court/long/court, souvent, il comporte une césure (kireji), un point de coupe, une pause.

2 – le fond :

Habituellement construit sur une image ou sur la juxtaposition de deux idées reliées entre elles par un lien subtil, il rapporte un fait, un évènement particulier.

3 – le langage :

L’utilisation d’un langage simple sans aucun procédé́ littéraire ni recherche d’effets de style est souhaitable.

4 – la syntaxe :

Éviter les adverbes, l’usage excessif de verbes, les articles, plus d’un qualificatif par nom, les prépositions en début de phrase, la ponctuation, etc. : poésie asymétrique.

5 – la composition :

Une phrase incomplète est souvent le propre du haïku : en tant que tel, le verbe à l’infinitif, au participe présent ou l’absence de verbe est habituellement d’usage dans la pratique du haïku. Toujours écrire au présent, ici et maintenant. Limiter l’usage des pronoms personnels et se référer à soi-même de manière externe.

6 – le mot de saison (kigo) :

Idéalement, le haïku doit comporter une allusion ou un mot de saison (kigo) permettant de situer l’action dans l’espace/temps et de l’ancrer dans le moment présent, évitant ainsi de tomber dans le piège de l’abstraction.

7 – les 5 sens :

Inspiré par l’un ou plusieurs de nos cinq sens, le haïku appartient essentiellement au domaine du concret : c’est comme une photo mise en texte, un bref instant croqué sur le vif. La démarche du haïkiste relève donc de cette attention qu’il porte au monde extérieur afin de le traduire avec cette économie de mots qui rendra l’émotion ressentie.

8 – les figures de style :

Il ne comporte pas de rimes, sauf accidentellement et les métaphores pour faire joli ou pour poétiser sont à éviter tout comme l’utilisation de la conjonction de comparaison comme.

9 – les phrases repliées :

L’usage de phrases dites repliées, c’est-à-dire qu’on aurait pu extraire d’un texte en prose, est à bannir, comme la répartition de trois images distinctes sur trois lignes et que rien ne relie entre elles l’est tout autant.

10 – la suggestion :

Le haïku est une poésie de suggestion plutôt que de description. Comptant sur l’intelligence du lecteur et afin de lui fournir un maximum de sens dans un minimum de mots, on procède du non-dit, on évite de conclure et on tente de ne pas nommer ce qui est donné à voir.

Bref, comme le soulignait Roland Barthes dans L’Empire des signes, « le haïku a cette propriété́ quelque peu fantasmagorique, que l’on s’imagine toujours pouvoir en faire soi-même facilement ». À vous, maintenant !