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Un roman

Dix conseils de Blaise Ndala

  1. Méfiez-vous des recettes magiques. Il n’y a pas d’école pour devenir écrivain et la seule personne qui possède la recette du roman qui fait mouche, c’est vous. Des lignes qui vont suivre, vous êtes invité à ne prendre que ce qui vous semble en résonnance avec votre intuition et votre propre expérience de l’écriture.

 

  1. Identifiez un thème dominant. Il s’agit de savoir répondre en très peu de mots à la question : « De quoi parle votre roman ? ». Si le choix d’un thème est loin d’être un prérequis, il pourrait tout de même procurer l’avantage d’aiguiller l’écriture de votre livre et d’en déterminer la saveur. C’est comme une musique en sourdine qui fera vibrer l’ensemble du texte.

 

  1. Si nécessaire, prenez le temps de mener les recherches. Si certains romans ne requièrent pas de recherche, d’autres, notamment les romans historiques, demandent d’acquérir des connaissances solides dans des domaines précis. Malgré la frénésie née de l’étincelle qui illumine votre imagination, prenez le temps de faire vos devoirs avant d’embrasser la page vierge qui vous attend. Votre roman gagnera en exactitude, tandis que la maîtrise de votre sujet vous fera naviguer au fil des chapitres tel un capitaine sur une mer dont aucun secret ne lui est caché.

 

  1. Ne laissez pas la recherche supplanter l’intrigue. Rappelez-vous une chose : le fruit de vos recherches devrait vous aider à tisser une toile de fond qui met en confiance, pas à allumer une multitude de phares qui aveuglent le lecteur qui suit vos pas. Autrement dit, vous aurez beau être émerveillé par vos trouvailles, servez-vous-en avec parcimonie, car le lecteur sera subjugué avant tout par l’histoire que vous lui racontez et par les personnages qui la portent.

 

  1. Considérez le plan : Si certains projets se prêtent à l’improvisation, d’autres seront beaucoup plus faciles à réaliser si vous prenez le temps d’en dresser un plan plus ou moins détaillé. Demandez-vous si vous avez besoin d’une feuille de route, un peu comme un parcours fléché qui vous évite la navigation à vue et le risque de perdre le cap. Le cas échéant, dressez des fiches qui vous aident à esquisser les portraits des personnages que vous jugez importants.

 

  1. Créez des personnages captivants. L’histoire que vous proposerez au lecteur repose sur les épaules des personnages que vous créez. C’est seulement en s’assurant qu’ils sont riches dans leur déclinaison, crédibles tant dans leur psychologie que dans leurs actes et leurs paroles, tout en se démarquant les uns des autres, qu’ils procureront au roman sa force. L’erreur serait toutefois de tout donner à son personnage principal, de le peindre de manière si « parfaite » qu’il en devienne en tous points prévisible. Pensez à lui laisser des aspérités que le lecteur aura envie de polir d’instinct, dans l’espoir de le rendre « meilleur » et ainsi en faire une sorte d’alter ego. Mais surtout, créez des personnages secondaires si forts que ce qu’ils projettent le rende, lui (ou elle), encore plus rayonnant(e).

 

  1. Trouvez une voix qui soit vôtre. Un piège très courant pour l’auteur novice consiste à vouloir écrire comme ce grand écrivain dont il a dévoré les livres tant son style l’a ébloui. C’est oublier que c’est la singularité de sa voix, cette signature unique qui distingue un Gabriel Garcia Marquez d’une Marguerite Andersen, qui ont fait de l’un et de l’autre des voix qui nous charment. Tout le défi est donc de partir des influences qui ont sédimenté au fond de votre cerveau de lecteur pour construire un corpus unique où se combinent la récurrence de certains thèmes, un vocabulaire, un rythme, des figures de style, la longueur des phrases, la place accordée aux dialogues et la manière de les articuler, jusqu’aux titres que vous choisissez pour vos livres. C’est tout cela, bien plus que de raconter une histoire captivante après une autre, qui fera que le lecteur s’attache à vous et, au fil du temps, finisse par reconnaître votre plume.

 

  1. Soignez l’incipit. La première phase de votre roman devrait inviter le lecteur à se plonger dans l’histoire. À travers sa force, son suspense ou sa musicalité, le lecteur devrait vous entendre lui murmurer : « Venez, suivez-moi, il va se passer quelque chose qui ne vous laissera pas indifférent. » Avec « L’étranger », Camus nous offre un modèle du genre : « Aujourd’hui, maman est morte ».

 

  1. Créez la tension et maintenez-la. Même si ce conseil pourrait donner l’impression qu’il s’adresse aux férus du « thriller », votre roman sera d’autant plus captivant qu’il sera traversé par une tension qui tient en haleine le lecteur. Un des moyens de créer une telle atmosphère consiste à monopoliser l’attention du lecteur par le suspense, et comme dans un jeu du chat et de la souris, à le récompenser par de bribes de réponses au fur et à mesure qu’il chemine dans l’histoire, jusqu’aux dernières pages où il éprouvera le sentiment que l’inconnu qui avait piqué sa curiosité à la découverte du titre, livre enfin ses secrets.

 

  1. Relisez-vous, réécrivez et faites lire. Finir le premier jet d’un roman procure une certaine euphorie, mais vous n’êtes là qu’à la fin d’une étape. Laissez reposer votre texte, éloignez-vous-en pendant quelques semaines, baignez dans le réel, puis relisez-vous. Vous redécouvrirez alors tout à la fois des passages si beaux qu’ils vous feront sourire de contentement, et des extraits si mauvais que vous serez heureux que seuls vos yeux les aient parcourus. Au bout de cette lecture lente et pointilleuse, réécrivez patiemment jusqu’à parvenir à un résultat que vous jugerez satisfaisant. C’est ce texte que vous soumettrez aux lecteurs rigoureux capables de mettre le doigt sur les immanquables faiblesses dont il est encore émaillé. Il vous faudra alors vous relire à nouveau, réécrire et enfin vous lancer à la recherche d’un éditeur. La suite appartient au lecteur.