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Du théâtre

Douze conseils de Michel Ouellette

 

REMPLIR

Avant toute chose, il faut avoir quelque chose à dire. Ce quelque chose vient de soi. Il est nourri par la lecture, par l’art, par le monde qui nous entoure, la politique, l’économie, la vie intime, la famille.

LIRE

Lire à voix haute permet d’entrer dans la peau des personnages, d’entendre le rythme et de sentir la musicalité du texte. L’émotion naît de cette musique des mots.

COMMENCER

Le plus difficile est de s’asseoir, rester assis assez longtemps pour oublier qu’on est assis, oublier, s’oublier, entrer dans la fiction, être dans la fiction. Dans l’écriture d’une pièce de théâtre, cela veut dire être dans un autre, dans plusieurs autres, en même temps.

FINIR

Il faut finir ce qu’on a commencé. Il faut avancer tête baissée dans l’œuvre qui se crée, y croire jusqu’au bout, porter des œillères pour ne pas être ralenti par le doute, les failles, les erreurs, ne pas s’arrêter, foncer, arriver à quelque chose qui pourrait nous surprendre.

SE TAIRE

Le personnage de théâtre ne veut pas parler, même s’il est un être de parole. Il ne veut pas dire ce qu’il a à dire. Il parle malgré lui. Il parle parce qu’il est obligé. Souvent il cache ce qu’il veut dire parce qu’il ne sait pas exactement comment le dire.

MONTRER

Une action vaut mille mots. Une parole en action déplace les montagnes et le public. Il y a quelque chose à voir sur une scène, à voir et à entendre. L’action n’est pas seulement le geste, c’est aussi le mot qui fait bouger, le mot qui remue, tant sur scène que dans le cœur et la tête des spectateurs.

IMITER

Quand on aborde l’écriture d’une nouvelle forme, on imite. On reproduit une forme convenue. Il n’y a pas de mal à commencer ainsi. Mais, pour trouver sa voie, il faudra s’interroger sur cette forme, la trahir et remettre en question ses fondements. La forme est une structure mémorielle à déconstruire et à reconstruire pour mieux s’accorder avec le besoin de dire le temps présent.

ATTENDRE

Le théâtre est un jeu d’attente. Les spectateurs attendent que le spectacle commence, attendent de voir la réalisation des attentes créent par la pièce. Le vide attire plus que le plein. Les trous dans l’action, dans la parole invitent le public à les combler par un acte d’imagination, comme un acte de foi – qui sera récompensé ou non, source de plaisir ou de frustration. C’est ce qui favorise l’engagement dans la fragile illusion théâtrale.

RÉSISTER

Quelque chose doit résister dans le texte de théâtre. La tension dramatique se crée à partir des conflits, de la lutte entre les personnages, de l’opposition entre la scène et la salle, de la discordance entre la parole et l’action, du déséquilibre entre la parole et le silence.

DESSINER

La pièce de théâtre peut être comme une machine. Il est donc utile de faire des plans. Avant le plan, il y a l’exploration, les croquis, les schémas, pour entrevoir les potentialités, les rapports de forces et leur évolution. Le processus n’est pas linéaire. Il se déploie en éventail. Il construit des constellations, des réseaux dans lesquels des points de convergences émergent, un plan se dessine, une pièce prend forme.

COMPTER

Combien de personnages dans la pièce? Combien d’acteurs ou d’actrices pour jouer les personnages? Le théâtre est une forme limitée au potentiel illimité. Limites de l’espace, limites budgétaires. L’infini de l’imagination. Tout est possible. Les contraintes ne sont pas des obstacles, plutôt un appel à la mobilisation pour activer la créativité. Préférer les nombres impairs : la tension se trouve plus facilement dans les déséquilibres numériques.

MARCHER

Quand ça ne marche plus très bien, se lever et aller faire une promenade à pied. Quand le corps bouge, l’esprit vagabonde dans l’espace de la fiction en construction. Sans l’aide de la main, des doigts, les pieds donnent des idées, ouvrent de nouvelles perspectives.