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Un récit littéraire

Dix conseils (non exhaustifs) de Jean Boisjoli

  • Écris souvent, écris partout. Lis encore plus. La mémoire étant ce qu’elle est, consigne immédiatement les idées qui te viennent à l’esprit, que ce soit dans un calepin, par un texto que tu t’envoies, peu importe. Les écrits restent. Les pensées sont frivoles. N’oublie pas que l’inspiration vient souvent en écrivant, alors, si un matin tu penses souffrir syndrome de page blanche, écris n’importe quoi, les mots justes vont venir.

 

  • Quelle est ton histoire ? Qu’est-ce que tu as à raconter qui pourrait intéresser une autre personne. Quel est ton thème, ton message ? Quels sont tes personnages ? Quel est leur milieu social ?

 

  • À qui veux-tu parler ? Quel public veux-tu cibler ? Encore là, ce choix dictera le niveau de langue, le vocabulaire que tu vas utiliser. Comme le souligne Stephen King, à ce stade-ci, ne te soucie pas de ce que les autres vont penser. Laisse libre cours à ton imagination pour bien raconter ton histoire.

 

  • Sois confiant en tes moyens. Hemingway disait que la première ébauche est toujours de la merde. Retravaille ton texte. Boileau disait « cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage ». Certains de mes textes ont connu jusqu’à 29 versions différentes… et j’avoue que je modifierais encore deux ou trois petites choses. Demeure humble : le texte parfait n’a pas encore été écrit.

 

  • Comme suite au point 2 plus haut, dresse un plan de travail. Hemingway disait que l’écriture, c’est de l’architecture, pas de la décoration intérieure. Ton plan, c’est la carte routière de ton histoire. Tu pars du point A (Ottawa) et tu conduis ton auto vers le point B (Vancouver). Tu as X nombres de jours pour arriver si tu veux récolter une grosse récompense. Si tu arrives en retard, une autre personne va recevoir la prime. Tu connais donc ton point de départ (Ottawa) et l’arrivée (Vancouver). Si tu tardes en route ou si tu fais des détours inutiles, tu vas rater l’échéancier. Il est évidemment possible que tu rencontres des imprévues : pannes, accidents, maladie, brigands, etc. Tu devras t’ajuster. Il est également possible que le point d’arrivée change. Par exemple, rendu aux Rocheuses, on t’avise que tu dois plutôt te diriger vers Los Angeles. Ce sont là les péripéties et les impondérables auxquels le personnage devra faire face et qui rendent le récit intéressant.

 

  • Élimine tout ce qui n’est pas nécessaire. Biffe ce qui te paraît formidable, parce que ça ne va intéresser personne d’autre. Une bonne question à se poser : qu’est-ce que ça ajoute à mon histoire ? En journalisme et plus tard en plaidoirie devant les tribunaux, j’utilisais la structure de la pyramide pour raconter mon histoire, m’obligeant à omettre toutes les choses superflues qui se trouvaient vers le bas de la pyramide. Enlève ce qui est de trop, mais ne le jette pas : ça pourra servir dans une autre histoire. En plaidoirie, les effets de toge n’impressionnent pas, tout comme les fioritures en littérature. À la Cour suprême du Canada, on reprend l’adage : « Be brief, be bold, be gone ». Autrement dit, ne nous faites pas perdre notre temps ! Le lecteur non plus n’a pas de temps à perdre avec une histoire qui n’en finit plus d’aboutir. Une introduction captivante est donc importante pour attirer l’attention du lecteur.

 

  • Utilise des phrases courtes et un vocabulaire en mode d’action. On dit qu’il faut « montrer plutôt que dire ». Par exemple, tu voudras remplacer « il était fâché » par « il a claqué la porte en sortant ».

 

  • Relis ton texte à voix haute pour trouver le bon rythme à tes phrases. Étant passé de la poésie au roman, je m’attarde beaucoup aux mots, à leurs définitions, évidemment, mais aussi à leur agencement, au son qu’ils dégagent. Elmore Leonard enlevait tout ce qui donnait l’impression d’être écrit. Pour sa part, Joseph Conrad parlait des mots qui sont une entrave à ce que l’on veut dire.

 

  • Choisis des moments précis pour écrire. Bloque-les dans ton agenda. N’y déroge pas. Ce sont tes moments privilégiés avec tes personnages, avec la vie que tu vas leur insuffler. N’hésite pas à dialoguer à voix haute avec tes personnages. Ensemble vous allez créer l’inconnu.

 

  • Mais surtout : amuse-toi ! Hemingway disait qu’écrire, c’est simple : il suffit de s’assoir devant son clavier et de saigner. Bon, disons que Papa exagérait un peu. Et c’est vrai qu’écrire, c’est une tâche à laquelle il faut s’astreindre, mais il faut surtout y prendre plaisir. N’oublie pas que tu racontes une histoire à d’autres personnes, mais que tu écris pour toi-même. Sur ce, entre dans ta bulle et écris !