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De la science-fiction

Dix conseils de Michèle Laframboise et Jean-Louis Trudel

1 — Il faut lire.

« Je ne lis jamais de livres pour ne pas être influencé. »  Si on veut écrire de la science-fiction, il faut en lire. Les films et les séries ne retiennent qu’une mince part de tous les thèmes explorés par les romans et les nouvelles.

2 — L’originalité est un espoir, pas un prérequis.

« Tout a déjà été écrit, mais pas par moi. »  L’adage n’est pas entièrement vrai dans le cas de la science-fiction, parce que les découvertes scientifiques et techniques fondent des situations nouvelles aptes à inspirer des histoires originales. Si une variation brillante sur un thème connu sera sûrement appréciée, les amateurs de SF pardonneront bien des erreurs à qui leur proposera un concept neuf ou un univers inédit.

3 — On ne peut tout savoir, mais on peut faire semblant.

« Faites-moi confiance, ce pont en ultrasons est d’une solidité sans pareille. »  La science-fiction n’exige pas d’avoir un diplôme dans tous les domaines qu’on aborde (quoique ça aide). Néanmoins, on peut éviter le ridicule à condition de se renseigner, soit en faisant ses propres recherches, soit en interrogeant des spécialistes.

4 — On ne peut tout savoir et, pire, on ne peut même pas montrer tout ce qu’on sait.

« J’ai sué sang et eau sur ce livre, donc vous aussi ! »  Si nos recherches portent fruit, il ne faut cueillir que le plus mûr. Le texte publié ne représentera que la pointe de l’iceberg. Inutile d’abrutir les lecteurs en leur infligeant des cours (donnés par un personnage qu’on ne reverra plus jamais après coup).

5 — Plus un monde imaginaire est cohérent, plus il est facile de le visiter.

« Téléportons-nous sur cette planète dépourvue de végétation : il y a sûrement de l’oxygène. »  La construction de l’univers imaginé (dystopie, futur proche, post-apocalypse, space-opéra dans un espace-temps lointain) doit se tenir de bout en bout. Les êtres et les choses, les cultures et les personnalités doivent correspondre aux postulats de départ.

6 — Les détails concrets permettent de s’accrocher.

Pour que les lecteurs d’ici et maintenant se rendent au sommet, il faut des prises en chemin. On peut perdre pied dans le monde imaginaire le mieux construit s’il est trop abstrait ou étranger. Des types humains familiers, des habitudes intemporelles ou des touches d’humour, par exemple, aideront les lecteurs à compléter l’ascension sans se casser le cou. Du sommet, la vue sur des contrées neuves et inespérées leur procurera le sentiment d’émerveillement recherché par la science-fiction.

7 — Le drame doit dépendre du monde inventé.

Comme pour toute bonne fiction, il faut qu’un drame se déploie dans notre univers fictif. Mais la tension dramatique doit dépendre d’au moins un élément du monde imaginé, sinon ce dernier n’est qu’une façade de carton-pâte. Si on peut remplacer les personnages par les bons et les méchants d’un western, par exemple, il ne s’agit plus de science-fiction, même si on tire avec des pistolasers et non des revolvers.

8 — Les personnages ne sont pas des extraterrestres quand ils sont chez eux.

Un univers imaginaire prend vie grâce à ses habitants (ou à ses envahisseurs). Les uns et les autres doivent être assez variés pour ne pas se confondre (surtout si on en suit plus d’un). Leurs personnalités, leurs passés, leurs tics de langage et leurs références culturelles ou religieuses, leurs préjugés mêmes, vont refléter leurs sociétés d’origine.

9 — Et si… ? L’écriture sert d’abord les idées.

« Et si… le soleil s’éteignait ? »  La science-fiction naît d’une supposition (parfois radicale), qui engendre une histoire. Même quand ils occupent l’avant de la scène, le style et la narration restent au service du récit. Au lieu de faire admirer la virtuosité de l’écrivain, ils révèlent les conséquences du « et si…? » initial. Comme la passerelle qui relie la terre ferme au bateau, l’écriture facilite l’embarquement pour le voyage.

10 — Rien n’est absolument interdit, mais il importe de connaître les règles qu’on bafoue.

Le lectorat de SF entretient certaines croyances. Qu’aucun problème n’est insoluble et qu’il se trouvera toujours un héros ou une héroïne pour sauver la situation, par exemple. Que des extraterrestres constitueront une menace plus ou moins ouverte.  Ou que les empires et fédérations galactiques sont possibles. Défier ces attentes (et bien d’autres) exige de les comprendre, car elles n’existent pas sans raison. Pour braver les interdits avec succès, il faut allier l’analyse à l’audace.