Le grand livre

Gaston TREMBLAY,
roman, Prise de parole, Sudbury, 2012, 441 p.

Le Grand livre c’est l’histoire de l’amitié partagée entre Gaston Tremblay et le regretté André Paiement. Nous sommes à la fin des années soixante à Sturgeon Falls en Nouvel-Ontario.

Roman ? Récit autobiographique ? Ce livre correspond pour une bonne part au journal intime, à l’autofiction, avec, en toile de fond, une trame poétique : en effet, pour notre bonheur, des vers de Saint-Denys Garneau coiffent chaque chapitre.

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Vers la fin du livre, on peut lire : « Je suis arrivé à ce qui commence, c’est le temps de fermer ce Grand Livre qui a été notre journal de bord et de passer outre. »

J’ai demandé à Gaston Tremblay : « Pour aller où ? Outre la mort, outre l’amour, outre l’amitié ? Est-ce parce qu’écrire, c’est plonger au fond de soi pour s’unir à l’autre ? Ou encore, est-ce d’une certaine façon, revenir au point de départ, à l’inassouvi de cette troublante poignée de mains ?

Je me suis laissée happer par l’intime réel ici raconté. Ce livre me fait penser à un carnet de vie : troublant, parfois sublime, mystérieusement humain. Entre la paix de l’hiver et la grande chandelle en forme d’étoile, se vivent l’amitié, l’amour, le lèse-amour, l’en-allé dans la mort jamais dans l’oubli. Sa vie, la vie, nos vies que Gaston Tremblay nomme lumineusement ces mystères blancs.

Andrée Lacelle – Au cœur des mots